Just Brane
Henri Lurton construit le vin de Brane dans les vignes.
Drainage des sols, densités de plantation adaptées au terroir, taille et ébourgeonnage, effeuillage et vendanges vertes, tris sévères et vendanges manuelles, le vignoble de Brane-Cantenac fait l’objet de tous les soins. Reprenant la propriété de son père Lucien en 1992, Henri Lurton a mis en pratique le fruit de sa formation poussée et de son expérience dans les vignobles du monde. Il construit le vin de Brane dans les vignes. Le lien familial avec cette terre a été noué par son arrière-grand-père en 1922. Il a traversé des années généreuses et des plus modestes, des conditions économiques favorables ou difficiles. Un attachement sans faille qui ne doit rien aux modes.
Le Château Brane-Cantenac a bâti sa légende sur un vignoble de 80 hectares répartis sur plusieurs parcelles. L’une d’entre elles, la plus vaste, se trouve devant le château et s’appuie sur la plus belle croupe de graves de l’appellation.
En ce lieu, dénommé “le plateau de Brane”, la terre a bombé le torse pour exhiber son plus beau potentiel. Ces graves, déposées jadis par la Garonne, sont profondes, atteignant jusqu’à 10 mètres. Elles sont aussi chaudes et infertiles, favorisant la maturation du cépage roi de ces terroirs : le cabernet sauvignon. Elles imposent à la vigne un rude effort, sollicitant ses racines pour aller chercher en profondeur sa nourriture.
La vigne porte en elle la volonté des hommes.
Elle devient ce que l’on en fait et donne ce qu’elle a de meilleur à celui qui croit en elle.
Il n’est guère de grand vin sans cet échange réciproque.
Cela prend du temps, le temps nécessaire à une compréhension mutuelle.
A Brane, cet échange a débuté il y a 250 ans, avec des interruptions et des silences.
La famille Lurton a renoué le dialogue depuis quatre générations.
Depuis 1992, la parole est à Henri, fils de Lucien.
Il poursuit le travail de son père, cherchant cette idéale symbiose entre homme et nature qui, seule, est susceptible d’exprimer la quintessence d’un terroir.
A partir de mi-septembre le vignoble s’affole. Le château blotti derrière le plateau de Brane perd sa quiétude habituelle. C’est le temps des vendanges.
A Brane-Cantenac, 300 bras et mains sont sollicités pour cueillir, trier et porter les raisins jusqu’au chai. Les vendanges viennent clore le travail de toute une année.
Une année pendant laquelle on se sera attaché à soigner la terre sans l’épuiser pour parvenir à des rendements sages autour de 45 hectolitres par hectare. Le signal des vendanges est donné après un examen analytique, et surtout gustatif, des raisins. Puis chaque groupe de vendangeurs s’attèle à sa parcelle dès qu’elle présente le niveau de maturité souhaité. Et c’est souvent en octobre que s’achèvent les vendanges avec l’émotion qui accompagne chaque nouvelle naissance.

La métamorphose du raisin en vin est un processus bref, violent et tumultueux.
Cette fermentation voit se transfigurer tout le travail d’une année.
Elle nécessite un équipement perfectionné qui ne servira que quelques semaines par an.
Cépage par cépage, parcelle par parcelle, les raisins sont rentrés et triés avec soin.
Puis c’est le foulage, la fermentation, la macération, le pressurage et l’entonnage en barrique.
Autant d’étapes qui requièrent un cadre adapté et une propreté irréprochable.
Brane-Cantenac a déjà une longue histoire. Il y a puisé son identité.
Entre le poids d’une tradition parfois étouffante et la tentation de faire table rase du passé, il y a une voie à trouver : la voie de l’équilibre. Brane-Cantenac a gardé de la tradition ce qu’elle a de vivant et sélectionné dans l’arsenal de la technique moderne ce qui convient à un traitement doux et naturel du raisin. Ainsi Henri Lurton mêle les avantages des cuves traditionnelles en bois à ceux des cuves en béton et en acier inoxydable. Leur taille raisonnable permet de respecter l’individualité des parcelles et d’adapter au mieux la vinification.
Cette alliance offre les plus larges possibilités au moment de la sélection et des assemblages.
Le chai est un espace apparemment austère, dépouillé et sombre, naturellement tendu vers sa fonction. Le vin a maitenant besoin d’ombre et de quiétude, mais aussi d’air qui circule et d’hommes qui le surveillent. Il doit se dépouiller, s’affiner et se préparer, lentement, à sa vie en bouteille. Pour affronter un temps qui dépassera, pour bon nombre de ces flacons, les 20 ans, il doit lentement méditer son absorption de l’oxygène à travers les douelles des barriques, dans le calme et l’obscurité du chai. Pendant ce temps il renferme une vie souterraine, ralentie et apaisée : C’est le temps de l’élevage. C’est tout le talent de l’oenologue que d’en déchiffrer le langage. A Brane-Cantenac, en fonction de ce qu’offre le millésime, on adapte le mode (proche de 50% de barriques neuves) et le temps de cet élevage (autour de 18 mois).


















