Voici un petit résumé fait par Jean Marc Quarin dans sa Chronique N°11:

« Difficile » voilà le mot le plus souvent entendu dans la bouche des viticulteurs depuis 15 jours. Et pour cause ! Ce millésime connaît un parcours climatique très cahotique: 

- Il a commencé très précoce avec un véritable été à la place du printemps.
- La coulure a fortement diminué la quantité de baies par grappes, surtout sur le merlot.
- En mai, la grêle a touché de nombreux vignobles.
- Début juin, la canicule a échaudé le raisin.
- Début juillet, avec un mois d'avance sur 2010, des défoliations apparaissent par excès de sécheresse. « S'il n'avait pas plu en juillet, beaucoup de vignes auraient crevé » dit  Denis Dubourdieu ; les jeunes en particulier.

Dans le même temps, « en juillet tout a reculé ». La vigne perd le mois d'avance qu'elle avait sur son cycle normal pour n'en conserver que 15 jours. La pluviométrie est supérieure à la moyenne trentenaire. Elle se situe entre 45 mm et 60 mm selon les régions.

Août a manqué de chaleur. Avec une pluviosité plus abondante que la moyenne (62 mm à St Julien pour 53 mm de moyenne, 60 mm à St Emilion pour 55 mm de moyenne). La vigne s'est mise à repousser, favorisant ses feuilles plutôt que la maturité et la concentration de ses fruits. La dernière semaine d’août, Bordeaux connaît un temps tropical très humide et chaud. Dans les maisons, les portes ne ferment plus correctement, les sols brillent d'humidité. Ce climat rappelle 1976, 1983 et malheureusement, les risques de 1997.

- Le jeudi 1er septembre, la grêle touche gravement les vignobles de St Estèphe , ceux de l'appellation Bordeaux entre Branne (attention Branne avec 2 'n' sur la rive droite et non pas Brane Cantenac! )  et Grézillac et un peu moins ceux de Saint-Émilion. 

L’hétérogénéité est forte. Depuis le début septembre, il est tombé 35 à 40 mm dont plus de la moitié lors de l’orage du premier. Le beau temps domine entre le 9 et le 18 où il pleut encore 15 mm.
L'interrogation demeure pour le cabernet sauvignon et le cabernet franc. Une semaine de beau temps supplémentaire serait bienvenue. L'état sanitaire servira de boussole dans la conduite du travail. On sait que le cabernet sauvignon est plus résistant que le merlot à la pourriture grise, mais aussi qu'il se dégrade tout d'un coup. Plusieurs avis situent le degré d'alcool de ce cépage entre 11°5 et 12°5, ce qui est bien. Les merlots étaient à environ 13°.

Pour l’instant le maître mot est : trier et encore trier pour obtenir une matière homogène à travailler dans les cuves.