IMPOSSIBLE DE TRAVAILLER DANS LA VIGNE PAR CE TEMPS SIBERIEN!

Le temps s'est arrêté dans la vigne cette semaine… Le grand froid inhabituel a contraint nos vignerons et vigneronnes à modifier leur activité. Il a fait jusqu’à -10°C avec une bise venue du nord.

Alors qu'en temps normal, il faut tailler, acaner, plier et sécailler, nos équipes s'affairent à d’autres tâches d'entretien sur la propriété. Tout dort et se tait…  Les oiseaux comme les plantes! Seul le vent siffle dans les rangs et gifle les rares courageux qui s'y aventurent.

D'ordinaire, en  cette saison, il faut tailler, travail essentiel et minutieux qui va déterminer la production du pied l’automne prochain mais aussi son développement les années à venir. La technique de la taille doit être maîtrisée parfaitement, comme l'a expliqué Denis Beauger dans l'interview de Michel Cardoze sur TV7. Elle requiert un savoir-faire ancestral qui se transmet de père en fils depuis des générations. A Brane, nous pratiquons la taille ‘guyot’ dite médocaine, qui consiste à laisser seulement deux astes de part et d'autre du pied.

 

Mais par un tel froid, il devient difficile de tailler. Les astes (long bois de l’année précédente conservé par le tailleur) sont cassantes et difficiles à manipuler !

Il faut aussi acaner, autre tâche qui exige du soin, de la dextérité et beaucoup de minutie. Car ces liens naturels que l'on pose entre le pied et le marquant ou fil de fer maintiendront les ceps noueux bien droits par rapport aux piquets. Ces " vimes"  (salix viminalis), petites touches oranges sur fond de sol sombre, proviennent de l'osier cultivé en bordure de la Garonne, ils sont respectueux de l'environnement et très résistants aux intempéries. Mais par des températures si basses, ils sont devenus trop raides pour être façonnés.

 

 

Plier est aussi de rigueur, pour guider et fixer les astes restant après la taille qui forment un arc vers le sol. Ce travail garantira plus tard la pousse des bourgeons sur l'ensemble de la vigne.

 

 

Enfin, il faut sécailler, c'est à dire changer les piquets en mauvais état et entretenir le palissage (fils de fer). Mais les sols durcis par le gel, rendent cette opération impossible.

Au chai, où il fait bien meilleur, les assemblages se sont terminés. Après avoir dégusté plus de 80 lots différents, les 'recettes' finales de Brane et de Baron 2011 ont été concoctées par Henri Lurton et son équipe d'oenologues fin janvier. Le Brane 2011 repose désormais dans le chai de première année et débute son élevage. Il sera ouillé régulièrement, soutiré tous les 3 mois et, bien entendu, dégusté deux fois par semaine pour évaluer son évolution de façon précise..

La semaine prochaine, notre troisième vin, Château Notton 2011 sera lui aussi assemblé, et son grand frère, le 2010, collé. Sa mise en bouteille est prévue ce printemps. Il sera le premier 2010 à quitter nos chais.